Le blues pour construire l’avenir

Quand l’indélébile marque du fer rouge poinçonne, paroles de peines sur une musique d’allégresse, espoir d’avenir soufflant sur le poids du passé, marchepied vers l’aurore, nouvelle rencontre avec soi, alors surgit le blues. Délestant du poids rongeur, il donne la force de se régénérer et de construire l’avenir, ainsi a vécu Champion Jack Dupree, un modèle, pour vrais amateurs de mieux vivre.

Né un 23 Juillet 1909 à New Orleans,  il connut à peine ses parents calcinés devant lui en 1911 par et dans les flammes du Ku Klux Klan. Recueilli au Colored Waif’s Home for Boys, il côtoie Louis Armstrong, apprend la musique et la cuisine. Willie Hall, Drive’em Down de son colorful nickname, prophète d’un blues dopé au boogie woogie, le met au piano. Jusqu’en 1980, Professor Long Hair en fut le prince, pour ceux qui veulent s’injecter une bonne dose de rythme et swing.

Pour survivre, Champion trafique de l’alcool entre Chicago et Détroit, Indianapolis et tous les bouges du Sud, se produit au Continental Café mais la crise de 1929 l’oblige à gagner sa vie avec ses poings. Il devint Champion poids léger de boxe de l’Indiana. A Indianapolis, un violent KO le renvoie sur le tapis de la musique. La guerre l’expédie lutter contre les Japonais. Prisonnier deux ans, à son retour en 1945, cuistot à New York, la gloire le cueille. Il devient l’ami des plus grands comme Sonny Terry ou Brownie Mc Gee.

Elvis Presley et le rock and roll détournent les jeunes aficionados du blues qui ne fait plus recette, retour à la disette. L’Europe adopte sans réserve toute une génération de bluesmen poussés à l’expatriation. En 1990, pour définitivement affronter les démons cruels de son enfance et regarder debout ceux qui l’avaient piétinée, Jack accepte de retraverser l’Atlantique et triomphe sans conteste au Jazz and Heritage de la Nouvelle Orléans. Il claque son dernier blues-boogie et dit adieu à la vie le 21 Janvier 1992. Au dos de sa carte de visite, tout l’humour et la dérision du blues. Et si cela ne suffit pas, écoutez :  « When I’m drinking ».dupree 1dupree 2

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